Døgnvill

Série réalisée en Norvège, au monastère de l’île d’Halsnøy, avec le Musée Sunnhordland.

Døgnvill est un mot norvégien intraduisible. Il raconte ces moments où l’on ne peut plus distinguer le jour de la nuit, une métaphore de ces états de conscience flottants, quand on glisse vers un élargissement et que le temps disparait.

Je me suis laissé aller aux images qui jaillissent des pensées sans filtre, des rituels inventés, des jeux de hasard, des plongées dans la nature. Réalisant des photos sur le fil de la conscience. J’ai contemplé l’heure bleue, nagé dans l’eau froide, suivi des inconnus en mer, peint mon corps, lu des livres au hasard, exploré la forêt la nuit, suivi des traces d’animaux. J’ai médité, écouté le monde invisible, le murmure des arbres. Dans un vertige, ma photographie, est devenue une danse.

Un sentiment chamanique, envouté par des histoires de fantômes, de moines, de foudre qui fendit le tronc du plus vieux frêne de Norvège, dans le monastère où je séjournais. Traçant les lignes de mes voyages sur une carte de l’île, la forme d’une comète est apparue. J’ai cherché la présence de l’astre dans mes photos, comme une sorte d’écho cosmique à mes expériences.

Le rouge résonne avec le Chemin Rouge des Amérindiens, un chemin initiatique, de vision, relié à la nature. Et de confrontation avec ses peurs, seul au sommet de la montagne.